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Les premiers dictionnaires
Le 15 août 1539, François
1er, roi de France, signait l’ordonnance de Villers-Cotterêts, laquelle
sommait les tutélaires paroissiaux du royaume de tenir des registres
d’actes civils. Cette disposition manuscrite allait désormais faire
état de preuve dans bien des litiges tout en témoignant de
la nécessité de définir de façon absolue le
sens de certains mots ainsi que l’irréfutabilité de certains
termes. Cette ordonnance, que l’on considère aujourd’hui comme «
l’acte de naissance » officiel de la langue française, ouvrait
désormais la porte au français en matière de législation,
criminelle et civile, et reléguait le latin à des fonctions
strictement religieuses. Le français, en devenant la langue de la
loi acquérait enfin une puissance autonome qui lui permettrait plus
tard d’élaborer la bible de sa propre histoire.
Pendant le 16e siècle,
une pléiade de dictionnaires d’équivalence avec le latin,
l’espagnol, l’allemand, le grec et d’autres dialectes européens
voient le jour sous différentes formes. D’autres recueils de proverbes,
de termes de navigations ou de mots empruntés aux nouveaux mondes,
que les explorateurs découvrent, sont également publiés
mais sans la volonté d’organisation et de catalogage essentielle
à l’acheminement d’un véritable dictionnaire tel qu’on le
conçoit aujourd’hui. Il faut attendre un certain Jean Nicot, qui
publie en 1606 son ouvrage : Thresor de la langue française
pour que les premiers signes d’une recherche exhaustive présage
d’une construction analytique sérieuse, avec définitions
de mots. Puis en 1694, c’est au tour de l’Académie Française
d’y aller avec un dictionnaire commandé par le cardinal de Richelieu
pour le public. Les jésuites et les hommes de lettres se disputeront
ensuite les fruits du terreau français et des dictionnaires en tous
genres germeront dans ces esprits fertiles. Notons en outre la fameuse
Encyclopédie ou le dictionnaire raisonné des sciences,
des arts et des métiers de Diderot et d’Alembert, qui donna
enfin, au terme de l’aventure en 1777, un ouvrage impressionnant en 35
volumes.
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